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BATIRICI – Le point de vue de Jérémie – Lancement des travaux d’ouverture de l’embouchure du fleuve Comoé à Grand Bassam

BATIRICI| Adonis N’GUESSAN | 16.11.2019

Le Vice-Président de la République, Monsieur Daniel Kablan DUNCAN a procédé ce lundi 11 novembre 2019 au lancement des travaux d’ouverture de l’embouchure du fleuve Comoé à Grand Bassam. Cette activité est initiée dans le cadre du Projet de sauvegarde et de valorisation de la Baie de Cocody et de la lagune Ebrié (PABC), qui est une initiative conjointe du gouvernement ivoirien et du Royaume du Maroc, vise à répondre aux besoins prioritaires de reconstruction des infrastructures du pays.

Le lancement de cet ouvrage d’art a pour objectif : D’améliorer le renouvellement des eaux de la lagune Ebrié en favorisant l’échange entre la mer et la lagune ; d’évacuer les eaux et les apports  du Comoé ver la mer lors des crues ; favoriser le développement socio-économique local, protégeant la ville historique de Grand-Bassam classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

D’un coût global de 21,26 milliards F CFA, les travaux dureront 22 mois. Selon le ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Joseph Séka Séka, cet ouvrage fait partie de la 2è tranche du projet de sauvegarde et de valorisation de la baie de Cocody et de la lagune Ebrié.Il va permettre l’évacuation rapide des eaux et les apports du fleuve Comoé vers la mer lors des crues, favorisera le développement de la ville et protégera ainsi les populations.

Le Vice- Président, Kablan Duncan a félicité le gouvernement pour le lancement des travaux d’ouverture de l’embouchure. «  Aujourd’hui, un nouveau soleil se lève sur Grand- Bassam. Avec l’ouverture de l’embouchure, c’est la renaissance de Grand- Bassam et les problèmes connus ne seront qu’un vieux et mauvais souvenir  » s’est réjoui Kablan Duncan, avant d’ajouter  « C’est avec satisfaction que nous prenons part à la cérémonie marquant le lancement des travaux d’ouverture de l’embouchure du fleuve Comoé à Grand-Bassam. L’ouvrage qui sera réalisé apportera une solution durable aux problèmes liés à la modification du système lagunaire naturel », a indiqué Daniel Kablan Duncan qui était accompagné du Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly.


Ouverture de l’embouchure du fleuve Comoé à Grand-Bassam – Brève revue du projet

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Dans un de mes articles précédents _ 05 appels d’offre en provenance de Cote d’Ivoire, Mali, Sénégal, Tchad pour soumissionje t’informais cher lecteur de l’avis d’appel d’offre lancé par le gouvernement ivoirien pour les travaux sur l’embouchure du fleuve Comoé. Cette fois-ci, je me propose de te présenter une revue succincte du projet pour lequel les offres sont toujours reçues sous pli ferme jusqu’au mercredi 27/06/2018.

Le Gouvernement ivoirien a amorcé la première étape du vieux projet d’ouverture de l’embouchure du fleuve Comoé à Grand-Bassam sous l’appellation « Appel D’Offres International N°T01/PABC /2018: Travaux d’ouverture de l’embouchure du Fleuve Comoé à Grand Bassam ».

A toute fin utile, rappelons que le Comoé est l’un des 04 grands fleuves irriguant la Côte d’Ivoire. Prenant sa source à Péni (Burkina Faso), il traverse le territoire ivoirien du nord au sud, alimenté alors par un bassin versant de 78 000 km2. En 1993, son débit moyen annuel était de 83,8 m3/s.

Jusqu’en 1951, les eaux des lagunes Ebrié, Ouladine et Mondoukou viennent grossir le Comoé à la confluence de Moossou, et le tout est évacué en mer par l’exutoire unique de Grand-Bassam. Cet apport décisif des eaux des lagunes combinée à l’hydrodynamique du fleuve permettait à celui-ci d’entretenir une passe (c’est-à-dire son chemin vers la mer) de près de 200 m de large et 4 m de profondeur.

Consécutivement à l’ouverture du canal de Vridi, les deux tiers du volume d’eau initialement apporté par le système des lagunes sont détournés vers le canal de Vridi, laissant l’estuaire avec seulement le tiers de son débit naturel, fourni par le fleuve, dont la puissance ne permet plus le dragage naturel de la passe.

Ainsi, les travaux du canal de Vridi ont entrainé un déficit hydrique au niveau de l’estuaire de Grand-Bassam qui combiné au phénomène de dérive naturelle du littorale au niveau du golf de Guinée ont mis le fleuve dans l’incapacité d’entretenir par lui-même sa passe en charriant le sable par la force de son débit.

Les tentatives de résoudre ce problème et ses effets collatéraux ont véritablement commencé en 1987 avec le percement et l’entretien irrégulier de passes artificielles dont la première passe artificielle était longue de 820 m sur 40 m de large et 4 m de profondeur prenant son origine dans le lit du fleuve. De 1987 a 1997, cette solution implémentée au-delà du raisonnable ne permit pas d’obtenir les résultats escomptés, la passe s’ensablant en moins de 7 mois après son ouverture.

Aujourd’hui la fermeture de l’embouchure pose toujours des problèmes sociaux, environnementaux et économiques qui justifient la mise en œuvre d’une solution durable. Le présent projet d’ouverture de l’embouchure du fleuve, qui espérant que ce soit l’ultime sur ce problème spécifique, consiste en les opérations ci-après :

  • les terrassements et le dragage du chenal de l’embouchure sur une largeur de 50 m et une profondeur sous le niveau des eaux de 6 m ;
  • la construction de deux (02) digues ou épis de protection en enrochements et en blocs artificiels en béton tétrapodes : l’Epi-Est d’une longueur d’environ 140 m et l’Epi-Ouest de 210 m ;
  • la réalisation des protections des deux (02) berges du chenal de l’embouchure du côté lagune contre les crues de fleuve Comoé sur une longueur d’environ 250 m du côté Est, et 150 m du côté Ouest. La protection est composée d’une couche filtrante en enrochements (60-300 kg) déposée sur du géotextile et couverte d’une carapace composée d’enrochements (300 – 1000 kg) et (1000 -3000 kg) ;
  • les travaux de confortement du pont de Mondoukou sur le canal d’Assinie ;
  • les travaux de défrichement des terrains limitrophes à l’embouchure sur une superficie d’environ 230 ha.

Ces travaux devront se faire sur une durée de vingt-deux (22) mois. Notons en que le présent marché en cours de passation reçoit un financement de la BADEA (Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique) et de l’OFID (Fonds de l’OPEP pour le développement International) ce qui pourquoi, à l’instar du marché de construction du 4ème pont d’Abidjan, la procédure de mise en concurrence est l’Appel d’Offre International.

Jérémie NTAKPE – civiengi.blogspot.com

 


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