CIMDC 2026 : Abidjan plaide pour des financements doux du transport

Abidjan accueille du 19 au 22 octobre 2026 la 2e Conférence internationale sur la mobilité durable et le climat (CIMDC). À l’ouverture, le Premier ministre a appelé les bailleurs à des financements à taux concessionnels, tandis que le chantier du BRT Yopougon-Bingerville a été présenté en marge des travaux.

Quatre jours de débats au Sofitel Hôtel Ivoire

Pour sa deuxième édition, la CIMDC s’est installée au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, à Cocody. Elle est organisée par le ministère des Transports et des Affaires maritimes, à travers l’Autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan (AMUGA), avec trois partenaires internationaux : Codatu, l’UITP et l’association Climate Chance. Des délégations venues d’une quarantaine de pays ont pris part à l’ouverture officielle, le 20 octobre.

Les travaux sont organisés en quatre axes : urbanisme et mobilité ; gouvernance et financements pérennes ; mobilité urbaine et climat en Afrique ; innovations digitales, sociales et techniques. Le programme mêle panels, ateliers et sessions de travail réunissant décideurs publics, experts, opérateurs de transport, bailleurs, chercheurs et société civile.

Chiffres clés

Dates 19 au 22 octobre 2026
Lieu Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, Cocody
Pays représentés Une quarantaine
Organisateurs Ministère des Transports (AMUGA), Codatu, UITP, Climate Chance
Objectif énergétique cité 45 % d’énergies renouvelables dans le mix d’ici 2035

 

Le Premier ministre réclame des taux concessionnels

Dans son discours, Robert Beugré Mambé a rappelé une réalité bien connue des maîtres d’ouvrage : les grands projets de transport de masse sont rarement rentables à court terme, alors qu’ils restent indispensables au fonctionnement des villes. D’où son appel à des financements à taux concessionnels, notamment des financements climatiques à longue maturité, et à un recours accru aux partenariats public-privé. Il a invité les opérateurs privés à soumettre leurs projets aux pouvoirs publics.

Selon Fraternité Matin, le chef du gouvernement s’est appuyé sur une étude réalisée il y a trois ans sur les émissions de gaz à effet de serre : les transports et l’industrie en représenteraient chacun 25 %, les bâtiments 20 % et les déchets urbains 15 %. Il a également rappelé l’objectif de porter à 45 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici 2035.

Passer d’une juxtaposition de modes à un réseau

Le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a présenté la vision « Grand Abidjan 2040 » d’une métropole multipolaire, mieux connectée et plus résiliente. Il défend un système multimodal intégré, reliant route, rail et transport lagunaire, et souhaite que l’on passe d’une logique de juxtaposition des modes à une logique de réseau. « Une infrastructure de transport ne doit pas seulement traverser la ville », a-t-il résumé.

Le BRT Yopougon-Bingerville sous les projecteurs

Le 20 octobre, le Premier ministre s’est arrêté sur le stand du Projet de mobilité urbaine d’Abidjan (PMUA), où le coordonnateur adjoint Ali Coulibaly lui a présenté l’avancement du BRT (bus à haut niveau de service) Yopougon-Bingerville. Cofinancé par la Banque mondiale et l’AFD, ce corridor est-ouest est conçu pour compléter la ligne 1 du métro, orientée nord-sud. Une table ronde a été consacrée à la préparation du « big bang » de la mobilité urbaine à Abidjan.

Enjeux pour la filière

Pour le BTP, le message est double. D’une part, l’État confirme que les infrastructures de transport urbain (BRT, métro, voiries, gares lagunaires) resteront prioritaires. D’autre part, la recherche de financements concessionnels et de PPP conditionnera le rythme des futurs appels d’offres. Les entreprises capables de proposer des solutions sobres en carbone et des montages financiers innovants seront les mieux placées.

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